Le blog du projet Globe Note

Expo photo !

Bonjour !

Tout d'abord, l'association Globe Note vous souhaite une bonne année, riche en expériences, en échanges et en voyages. Que vos projets se réalisent !

Nous avons, l'année dernière, réalisé l'un de nos rêves : animer des ateliers de musique pour les enfants défavorisés, pouvoir voyager et échanger notre culture, particulièrement notre musique, avec les gens du monde entier.

Nous organisons une exposition de photographies, prises lors de notre traversée de l'Amérique du Sud, de l'Asie et de l'Afrique. Cette exposition se déroulera dans la salle du conseil de l'Ecole Centrale de Lille, les mercredi 13 et jeudi 14 janvier 2010 entre 12h et 13h30. Nous serons présents et disponibles pour vous raconter notre expérience et commenter nos photos.

Venez nombreux pour voyager avec nous, le temps d'une pause dans vos études, à travers le monde !

Musicalement,

Thibault pour Globe Note

Champagne et Cachaça

Bonjour, 

      J’ai récemment (re)visité notre site, fait le « tour du propriétaire », et je me suis dit qu’il était temps de dépoussiérer tout ça, un peu de vie par ici que diable ! Alors cet article vient à point nommé, pour relater un évènement récent dans la sphère Globe Note, et fêter un évènement plus ancien. Vous comprendrez…

      Le 17 octobre dernier, vous vous rappelez ? C’était la date de notre soirée de retour. Une soirée haute en « couleurs du monde », qui se déroulait dans notre bien aimé Foyer des Elèves de l’Ecole Centrale de Lille.

      Au programme de cette soirée lilloise, une rétrospective de nos 10 mois passés à l’étranger, animée par Rémi, Edouard et Rémy. Un diaporama photo commenté, que de souvenirs de rencontres, de musique et de lieux fantastiques ! Les photos, parlons-en, puisque Perceval nous avait préparé une belle exposition photo, je pense que personne ne dira le contraire. Au fil des 18 photos exposées, nos visiteurs ont pu découvrir des paysages époustouflants, des lieux insolites, des portraits remarquables. Et puis, pour terminer leur parcours autour du monde dans notre modeste Foyer, vous avez été nombreux à lire en détails les « fiches pays » : elles relataient nos aventures dans les 9 pays d’Amérique du Sud, Asie et Afrique que nous avons parcourus.

      Enfin, le clou du spectacle, Globe Note sur scène, pour partir autour du monde en musique. Dans l’ordre, vous avez pu écouter des musiques du Brésil, d’Argentine, de Bolivie, du Pérou, de Thaïlande, du Cambodge, d’Inde… de notre côté, sachez que ce set a été très apprécié ! Pour terminer, merci aux fanfarons de Paris et Lille pour avoir terminé cette partie fanfare en point d’orgue ! Ces fanfarons de Paris, merci aussi à eux de s’être déplacés, en espérant les voir autour du monde prochainement ! Qui sait…

       J’allais mettre un point final à cet article, mais j’oubliais mon deuxième sujet du jour. Il s’agit bien sûr de l’anniversaire du départ de Globe Note. Il y a un an, Globe Note naissait à Rio de Janeiro. Ce fameux vendredi 31 octobre 2008, dont mes chers compères se souviendront sans mal. « Saudade » quand tu nous tiens ! 

Antoine pour Globe Note

Globe Note, encore et toujours


Là, tout n’est qu’ordre et beauté

Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire, Invitation au voyage, Les Fleurs du Mal

Et là bas ? Eh bien, pour commencer…

 

… Mon cher Boris,

 

                Permets-moi cher ami, compagnon de route et de plume (ou plutôt de clavier), de prendre ta suite, en espérant te relire bientôt ! Ces quelques lignes qui suivent paraîtront bien différentes de tout ce que nous avons écrit jusqu’à maintenant ! Au premier abord on pourrait dire que je recopie la dernière page de mon carnet de bord avec Globe Note… Mais ce n’est pas le cas, j’aimerais seulement apporter un témoignage sur l’état d’esprit d’un voyageur « au long cours », de retour auprès des siens.



 

                Voici donc plus d’une semaine que nous sommes rentrés dans notre belle France… brutalement, ce dimanche 16 août 2009 à Paris, sur les bords de Seine, Globe Note a pris fin. Difficile à croire, après une si longue aventure, des rebondissements intenses, tant de rencontres et de joies, cette centaine de représentations musicales, après avoir vu tant de misère aussi… 10 mois de voyage, mais aussi plus d’un an de préparatifs ! Il faut maintenant tourner la page. C’est peut-être la raison pour laquelle mon retour en France est plus difficile que prévu… Retrouver mon quotidien, ma chambre version « octobre 2008 », mes cours de Centrale, tout en sachant qu’intérieurement tout est si différent ! Nous avons tous grandi au contact du monde, j’en suis convaincu.



                Après 10 mois d’expérience « terrain », il est temps de témoigner de notre extraordinaire expérience, témoigner du monde. Cette étape finale, à laquelle nous avons un peu réfléchi, sera pour nous dix notre temps de « relecture ». Avec plaisir, je répondrai aux questions : « Et là bas, c’est comment ? »…C’est ce qui me motive et qui me faire dire : Globe Note, c’est pas fini !

 


                Alors Boris, ne tire pas si vite ta révérence, nous aurons encore besoin de toi, et de tous aussi. Et puis, à tous nos lecteurs, d’ici et d’ailleurs, qui sont dans mon cœur, ne nous oubliez pas (non je ne suis pas poète). Bientôt d’autres évènements viendront dans la « saga » Globe Note !

 

A suivre…

 

Antoine pour (toujours) Globe Note

 

P.S.: N'oublie pas, Beau-Rice, quand il vient de Tanzanie, il faut le trier.

D-DAY


 
Les sanglots longs des violons de l’automne
blessent mon cœur d’une langueur monotone.

Bon d’accord, cette référence historique est un peu cheap. Car, excepté le débarquement sur un sol français, bien peu de choses nous rapprochent du D-DAY. Nous aurions bien aimé débarquer en étant parachutés sur Roissy-CDG tout en jouant nos derniers morceaux, mais ce me semblait être un poil trop théâtral comme arrivée. Nous préférerons une arrivée moins triomphale et qui n’inclurait pas l’intervention de l’armée française pour violation de l’espace aérien national. Nous passerons bien gentiment par la douane et quand les services sanitaires nous demanderons « Quels pays avez-vous visités ? », nous répondrons cordialement « Le Kenya uniquement ». Nous omettrons les pays précédents parfois infectés par la grippe porcine, parce que la quarantaine ne nous intéresse que très peu.

 
Neuf mois et demi, une durée symbolique, puisqu’elle ressemble à la durée d’une grossesse d’un beau bébé paresseux. Les Globe Note sortiront du ventre de l’avion pour ce qui pourrait s’apparenter sur un plan psychanalytique à une seconde naissance.
 
Si vous me permettez une allusion sérieuse-comique, tous les hommes ont envie de retourner dans le ventre de leur maman – on peut dire merci à Freud pour cette conclusion- mais il se pourrait que les Globe Note préfèrent retourner dans le ventre de leur avion.
(Je m’excuse d’avance pour les manifestations de dégoût engendrées par cette remarque.)
 
Quoi qu’il en soit, les nombreux expatriés rencontrés sur le chemin pourraient donner à certains d’entre eux le goût d’un « voyage » d’une toute autre nature, qui comprendrait un travail obtenu grâce à un diplôme fraichement délivré.
 
Mais avant de projeter trop en avant, il faut commencer par le futur proche. Je veux dire la réadaptation des Globe Note à un cadre de vie plus européen. Par exemple il faudra bien leur expliquer qu’il ne sert à rien de négocier son Big Mac avec la serveuse, qu’on soit un groupe de 5, 8 ou 10.
  
Attention aussi lorsqu’ils reprendront le volant ! Il faudra leur expliquer que klaxonner en continu ne sert à rien, qu’il y a des priorités autres que la loi du plus gros aux intersections et que Monsieur l’agent n’acceptera les 5€ qui, dans d’autres pays, auraient pu lui faire fermer les yeux sur un excès de vitesse.
 

<Normalement, ici, une photo du Cambodge>


Jusque dans votre propre maison, chers parents, il faudra expliquer à votre rejeton qu’il n’est pas obligé d’aller au cybercafé pour avoir internet et qu’il doit utiliser du papier toilette et non pas « faire à l’indienne » comme on dit entre nous. Je pense qu’il faudra leur réapprendre aussi que le but de la vie d’une épouse N’EST PAS de faire à manger pour son mari.
 
Si votre grand garçon vous dit qu’il peut se lever à 14h car la répétition est à 16h et le contrat à 19h et que de toute façon ce n’est pas son tour de faire à manger pour les autres aujourd’hui, ne vous étonnez pas ! Si votre fils, dès qu’il voit sa petite cousine de 8 ans, essaie de lui tendre des claves pour faire de l’éveil musical, ne vous étonnez pas ! S’il vous assure qu’un caleçon se garde une semaine d’affilée sans soucis, ne vous étonnez pas !
 
De toute façon je ne pourrai pas faire une liste exhaustive des petits changements culturels qui se sont opérés dans leurs têtes.
Par contre, et ceci vaut pour tout le monde, je peux d’ores et déjà dire quelles sont les questions à éviter pour ne pas trop déranger mes camarades. Il est par exemple inutile de demander quel pays il a préféré, à moins que vous soyez une jolie jeune fille et n’ayez rien trouvé de mieux pour l’aborder. Messieurs les papas, inutile de demander où trouver les plus jolies filles du monde surtout si votre femme est à côté (Boris, pour la paix des ménages). Et sachez que la question « Alors, c’était comment ? » risque de ne pas aboutir à grand-chose…
 
En tout cas moi, Boris, j’espère avoir diverti le peu de personnes qui lisaient ce blog régulièrement. J’espère aussi que mon apparition aura maintenu quelques parents éveillés la nuit en se demandant «  Mais qui peut bien être ce satané Boris qui les suit partout ?». Sachez que moi, Boris, je suis actuellement à Addis Ababa avec les Globe Note, dans une période de transfert entre deux vols. A l’heure où j’écris ces quelques lignes, nous sommes à 2h du dernier vol et à 10h de l’atterrissage en France. Cependant vous n’aurez pas le loisir de me voir arriver à  CDG-Roissy, car mon travail s’arrête ici même en la forme de ce dernier article.
Merci encore à toutes celles et ceux qui ont suivi, de près ou de loin, nos aventures. Votre soutien nous a encouragé, en particulier moi à écrire des articles qui n’ont souvent ni queue ni tête.


Boris
PS : Moi ? Une sortie de scène grandiose ? Vous hallucinez je pense…

Les raisons du pourquoi du comment…

Chères lectrices, chers lecteurs,
Nous avons finalement mis les pieds sur la terre rouge du dernier pays, la Tanzanie.  Nous sommes arrivés sur les pentes du Kilimandjaro le Samedi 18 Juillet, à Moshi. Nous avons été accueillis par William Raj, directeur de l’organisme Mkombozi avec lequel nous devions travailler. Il nous avait lui-même trouvé un logement chez un particulier qui nous accueillerait pendant les 3 semaines. C’était, il faut l’avouer, un peu petit et parfois un peu gênant de phagocyter l’espace de vie d’une famille tanzanienne, bien qu’elle ait une grande maison.  Cependant ceci nous convenait car l’affluence de touristes et de volontaires dans la région a grandement fait grimper les prix des logements. 

Elle était un peu timide, mais on a réussi à l’avoir la plus haute montagne d’Afrique !
 
William nous a quittés rapidement car, étant d’origine indienne, il allait passer trois semaines de vacances en Inde pour retrouver sa famille. C’est Simon, responsable des activités sportives et culturelles, qui a pris son relais et qui nous a invités à se rendre dans les locaux de l’association le lundi suivant pour commencer nos activités.
Après avoir pris nos marques chez notre hôte, nous avons ensuite découvert Mkombozi. On ne s’attendait pas à une structure aussi grosse et organisée ! Ils gèrent un orphelinat d’une soixantaine de garçons, mais s’occupent aussi d’enfants des rues d’Arusha et de Moshi, deux villes voisines. 
 
Le bus consacré, entre autres, à la Non-Formal Education pour les gamins des rues


 Mais ce qui « choqua » le plus les Globe Note, ce fut la préparation préliminaire à leur arrivée. Car après les tout-petits d’Argentine, les enfants en vacance du Pérou, les permis de l’armée indienne pour aller dans la Nubra et l’accueil par Happy Home Orphanage au Kenya (ils pensaient que nous étions 9 canadiens pour une mission de 3 mois !), on pouvait décemment s’attendre à quelque chose de similaire en Tanzanie. Mais là tout se passa bien ! Ils avaient parfaitement compris notre projet et avaient organisé des groupes de 12 enfants de 13 ans, provenant de Mkombozi et des écoles environnantes, pour un binôme de Globe Note, chaque atelier durant une heure en fin d’après-midi, chaque jour de la semaine. Ils s’en étaient tenus rigoureusement aux dossiers envoyés avant notre départ, ce qui ne manqua pas de nous étonner après tant de déboires. Ils avaient même réuni les permis nécessaires auprès du conseil municipal pour pouvoir intervenir dans les écoles.
 

Visite des locaux de Mkombozi 


Alors que moi, Boris, je recherchais sournoisement quel genre de déconfiture aurait bien pu venir s’étaler sur la tartine Globe Note, strictement rien ne me venait à l’esprit ! Et pourtant j’ai de l’imagination que je décide de m’y mettre !
 

La cour de Mkombozi


Autant d’ellipses pour dire à quel point la nouvelle qui arrivait s’annonçait rude. Les ennuis sont venus d’un lieu qui jamais nous n’aurions suggéré. Paradoxalement cela aurait du nous effleurer au moins une fois, depuis le temps que les Globe Note font du volontariat, des concerts rémunérés et des manches dans la rue sous un visa de tourisme… Pour ceux qui ne voient toujours pas où je veux en venir, c’est le service de l’immigration tanzanienne qui nous a amené un des plus gros problèmes depuis le départ.


A tous ceux qui liraient ce blog et qui comptent aller faire du volontariat en Tanzanie, sachez que l’immigration vous demandera 120$ pour délivrer une autorisation en plus de votre visa tourisme à 50$. Et pour nous,  dépenser 1200$ (oui, oui, 1200$ car moi, Boris, je ne compte pas )pour faire une activité altruiste dans un des pays qui en a le plus besoin, nous trouvons cela un peu fort quand même, d’autant plus qu’en fin de voyage les comptes en banque font vache maigre.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car en Afrique tout se négocie, même les choses officielles. On peut dépenser ce qu’ils appellent des « facilitation fees », expression qui m’a beaucoup fait rire intérieurement. Après négociation auprès d’un employé de l’immigration tout droit sorti d’un Parrain nous avons pu avoir un faux visa de travail pour 45$ par personnes. On se serait cru négocier dix kilos de farine de maïs chez le marchand du coin. Hallucinant pour nous petits Wazungu (Les Blancs en Kiswahili).Mais à partir de ce moment une autre discussion s’engage. Car on ne payait pas pour un permis officiel (ce dernier coûtant 120$ comme je l’ai déjà dit) mais nous payions pour avoir le droit de ne pas se faire contrôler par l’immigration. Sans compter les risques que cela implique, c’est, il ne faut pas avoir peur des mots, de la corruption et les 45$ par personnes, un pot-de-vin.
Premièrement, cette dépense reste excessive et deuxièmement, c’est moralement impensable. Nous avions déjà été confrontés à la corruption, endémique dans beaucoup de pays que nous avons traversés, mais c’est la première fois qu’elle s’abat sur nous de manière aussi virulente.
Le groupe était partagé entre le fait de payer un pot-de-vin et la déception de devoir quitter la Tanzanie sans ne pouvoir rien y faire. Un vote clarifia la position de la personne morale Globe Note, elle ne paye de pot-de-vin pour faire du volontariat. Alors quand les responsables de l’association en l’absence de William nous ont appelés pour nous dire qu’ils avaient négocié eux-mêmes la « facilitation fee » à 100$ pour le groupe, il n’y avait plus rien à faire bien que ce prix soit abordable. 
Pour ne pas partir sans dire au revoir, Globe Note s’est intégré dans la Soirée des Artistes, qui se déroule chaque dernier samedi du mois à Mkombozi. Lors de cette journée les garçons de l’orphelinat peuvent s’exprimer sur la scène et les organisateurs invitent des groupes locaux à venir jouer. Et cette fois-ci, un groupe en particulier n’avait rien de local du tout. Globe Note a profité de l’occasion pour aller jouer quelques morceaux. C’est bien peu face à ce qui était prévu mais cela reste toujours mieux que rien. 
 

Globe Note et Simon sur scène à La Soirée des Artistes
 

Quelques garçons de l’orphelinat


Le soir même, Globe Note avait un contrat dans une boîte de nuit locale, qui restera mémorable pour eux…mais je n’expliquerai pas le pourquoi du comment pour celui ci.
Après une semaine passée en Tanzanie, les 10 étudiants ont pris la route vers une destination que je maintiendrai secrète jusqu’au prochain article. Sachez juste que la Tanzanie leur a laissé une dernière frayeur avant de les laisser à son turbulent frère, le Kenya.
 

Une roue du bus qui transportait les Globe Note vers la frontière, arrachée par la vitesse excessive


En vous souhaitant de ne jamais avoir à affronter la corruption et les conducteurs de bus fous,


Boris

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