Le blog du projet Globe Note

mardi 30 décembre 2008

Le samba

La musique brésilienne est complexe et vaste, un art où les frontières des styles et des courants sont difficiles à discerner pour le néophyte que je suis.  Cet article ne saurait être une liste exhaustive des styles et décrire la totalité de la musique brésilienne, dont l’histoire, les pensées, les influences et les techniques musicales sont hors de ma portée. C’est juste une simple évocation sur le samba, synthèse des témoignages que j’ai recueillis et des impressions que j’ai ressenties au cours de notre voyage.

En introduction, je vais vous raconter ma première rencontre avec le samba. Au détour d’une rue un peu glauque de Pedra do Sal à Rio, nous rejoignons une place où Renata, responsable de Terr’Ativa, nous a proposé d’aller. Histoire d’assister à une roda de samba. Quand on me dit samba, je pense évidemment aux quelques images du carnaval de Rio qui traînent dans ma mémoire : les tenues très légères mais riches en couleurs, les déhanchements rapides des bassins, l’armée de percussionnistes éclatant les tympans et ce rythme entraînant, qui vous prend tout entier. Des images que je partage probablement avec vous.

C’est un spectacle complètement différent qui s’est joué sous mes yeux : près d’un simple bar de rue, une dizaine de musiciens, réunis en ronde et assis autour d’une table, jouent ce rythme envoûtant et caractéristique du samba. Leurs mains épuisées par la journée de travail s’agitent frénétiquement mais avec aisance sur des instruments parfois surprenants, cordes de type guitare et percussions diverses. Tous chantent, sans exception, des paroles reprises par l’ensemble des auditeurs, évoquant une communion mêlée de joie et de sueur. C’est avec le sourire aux lèvres que les musiciens et leurs auditeurs enchaînent, sans marquer de pause entre les chansons, plus de deux heures de musique entraînante et partagée, où chaque instrument tourne entre les mains de ces faiseurs de bonheur, où l’improvisation provoque exclamations et rires du public, où mes yeux et mes oreilles ont capté cette atmosphère si particulière et l’ont gravée à jamais dans ma mémoire.

Vous pouvez écouter ici un petit extrait audio de ce que fût cette soirée.

Que dire de la musique brésilienne, sinon qu’elle est forte et complexe, qu’elle anime les quartiers branchés et les favelas, qu’elle mélange influences africaines, européennes, indiennes, qu’elle rassemble ses habitués autour du partage? Qu’elle semble habiter chaque Brésilien, surtout, dans leur regard, leur démarche ?

LE style musical connu internationalement, c’est le samba, masculin quand on parle de la musique et féminin quand on évoque la danse éponyme. D’influences multiples mais surtout africaines, le samba est une musique au rythme binaire et syncopé, où les instruments de percussion, rythmiques, se mêlent aux cordes et aux voix qui assurent la mélodie.

Plusieurs styles de samba existent et coexistent, se mélangent si bien qu’il est parfois dur de faire le tri. Parmi les plus connus, vus et pratiqués :

-         O samba de partido-alto : littéralement « de haut niveau » car pratiqué par les connaisseurs du genre, c’est le samba des maîtres, dont les paroles improvisées évoquent la réalité des favelas et de la pauvreté. Citons Moreira da Silva, Martinho da Vila et Zeca Pagodinho, grands maîtres du genre.

-         O samba enredo : créé à Rio dans les années 30, ce style représente la chanson phare des écoles de samba, présentée chaque année au carnaval. Les compositeurs des écoles fixent par le texte de cette chanson le thème général choisi par l’école, influençant la dance et les costumes. Quelques écoles cariocas : Imperatriz Leopoldinense, Mangueira, Beija Flor, Vila Isabel, Portela, Viradouro, Unidos da Tijuca.

-         O samba batucada : musique de percussion originellement jouée pendant les défilés du carnaval, la batucada est devenue, à partir des années 60 à Rio, un mouvement culturel d’ampleur, initié par les groupes de samba improvisant sur le rythme du batuque, rituel et musique de danse afro-brésilienne, qu’ils accélèrent, créant un samba plus rapide. On peut souvent entendre des batucadas lors d’occasions festives comme les matchs de football.

-         O pagode : né à Rio dans les années 70, le pagode est un style plus commercial, associant des rythmes de percussion répétitifs et des sons électroniques à des paroles simples, traitant le plus souvent d’amour. Exemples d’artistes : Fundo de Quintal, Negritude Jr., Só Pra Contrariar, Raça Negra, Katinguelê, Patrulha do Samba, Pique Novo, Travessos, Art Popular.

-        O samba exaltação : aux arrangements et paroles exaltant la thématique patriotique et nationaliste,  elle est accompagnée d’un orchestre. Le plus bel exemple est Aquarela do Brasil de Ary Barroso, leitmotiv du film Brazil de Terry Gilliam.

Quelques instruments utilisés pour le samba : le surdo, tambour à deux peaux jouant le rôle de basse, le pandeiro, tambourin à cymbales retournées, le cuica, tambour de friction dont le son évoque un oiseau et est caractéristique du samba, le reco-reco ou guiro, tube de bambou dentelé, le cavaquinho, petite guitare à quatre cordes ressemblant à un ukulélé, et la guitare classique à sept cordes, qui n’a rien d’étonnant sinon qu’elle a sept cordes.

Le samba n'est évidemment pas seul : le choro, proche du tresillo cubain et laissant une grande part à l'improvisation, la bossa nova et ses maîtres Tom Jobim et Vinicius de Moraes, le forro... La culture musicale brésilienne, avec ses nombreux styles uniques mais aussi ses artistes de musique à l'oreille plus "occidentale", est riche. A découvrir sans modération !

Si vous vous intéressez à la musique brésilienne, comme au choro, au forro, à la bossa nova, je vous invite à découvrir les liens suivants :

Une base de données regroupant les informations sur le samba en France : où danser, les instruments, partitions et histoire : http://sambistas.online.fr/

Un forum très intéressant sur la musique brésilienne : http://bossa-nova.forumactif.com/index.htm

Un site qui regroupe les liens des pages web d’artistes brésiliens en quantité : http://thebml.com/

Un groupe carioca de tropicalisme/samba résolument moderne, Bondesom. A écouter : Vinte e sete : http://www.myspace.com/bondesom

 

Un grand merci à Luma Ramiro Mesquita pour son aide sur le sujet.


Thibault pour Globe Note Music

vendredi 26 décembre 2008

L'ONG Terr'Ativa en direct de la favela !!!!

Voici une vidéo toute fraîche pour vous, public, qui suivez notre blog.

La vidéo sous-titrée de l'interview de Fabio, Renata et Fatima, qui nous présente le quotidien dans la favela, à morro de Fuba.

La réalité de la favela, les objectifs de l'ONG au long terme, ses perspectives d'évolution au sein de la favela, les conflits entre les narcotrafiquants et la milice, autant de sujets passionnants que nous avons approchés de près... ou d'un peu plus loin, et que nous vous proposons de découvrir aujourd'hui




dimanche 21 décembre 2008

Que Manger au Brésil?

Rémy à Ihla Grande Voici peut-être l'article que tous les gourmands attendaient : un petit condensé de ce que nous avons pu manger et même boire au Brésil. La cuisine brésilienne ne fait certes pas partie des plus raffinées au monde mais nous avons pris beaucoup de plaisir à découvrir toutes ses spécialités et particularités.

 

En entrée, commençons par des recettes tout droit venues de la favela où nous avons travaillé. C'est Fatima, coordinatrice de l’association dans la favela, qui nous les a préparées le jour de la fête finale à Terr'Ativa :
   - Le Bolo de Cenoura (gâteau à la carotte)
   - L' Empadão

En plat principal nous avons découvert deux spécialités brésiliennes !
   - La Feijoada : un plat brésilien à base de haricots noirs, de riz et de viande de porc. La Feijoada est à l’origine un plat pour les esclaves qui était composé de l’ensemble des restes de leurs maitres. Ce plat est à présent l’occasion de réunions familiales ou de grands repas et est servi généralement le samedi. Nous avions été invités à en manger suite à un de nos sets dans la rue en guise de remerciement. Pour l'anecdote, Matthieu avait tenté de nous en faire une lors de nos premiers jours à Rio... On a survécu, mais de peu.
   - La Churrascaria : A Rio et São Paulo nous avons tous craqué à deux reprises pour des Churrascaria comme on peut le voir sur les photos ci dessous. On trouve facilement au Brésil de nombreux restaurants à volonté appelés Rodizio, où des serveurs affluent à votre table les bras chargés de nourriture. Une Churrascaria est un Rodizio de viande. Voici des photos de ces lieux orgiaques où les serveurs passent avec toute sorte de viande à la broche entre les tables pour satisfaire les bouches affamées des clients... Mieux vaut éviter de manger le jour précédant une Churrascaria.

Matthieu à Sao Paulo   Nicolas à Sao Paulo   Emmanuel à Sao Paulo

 

Pour ceux qui ont encore faim, connaissez-vous les x-tudo? x-tudo par-ci, x-tudo par la, qui veut prendre un x-tudo ? Traduction : Hamburger, vendu dans la rue à n'importe quelle heure et pour la modique somme de 2,5 Reais (soit moins d'un euro), composé de tous les ingrédients possibles et imaginables... Il nous arrivait aussi assez souvent de manger des salgados, petits en-cas bon marché fourrés avec de la viande ou des légumes vendus dans des bouis bouis à tous les coins de rue.

Et que boire avec tout ça ? Beaucoup de jus de fruits pressés. Et oui ! Notre but était de goûter tous les fruits exotiques. Cependant notre maitrise incontestable de la langue portugaise nous a souvent apporté quelques surprises, comme lorsque Perceval, pensant commander un jus de fruit inconnu et exotique, s'est retrouvé tout penaud avec un jus de carotte ! Nous avons pu siroter de temps en temps des caïpirinhas, cocktail local à base de cachaça. La cachaça est l’alcool par excellence au Brésil à base de canne à suvre. On peut en trouver de toutes les sortes à tous les prix et partout dans l'ensemble du pays.

 

Un dernier petit souvenir culinaire du Brésil : Fabio, un des responsables de Terr'Ativa (photo), nous avait invité chez lui un soir à Rio. Je pense que tout le monde à Globe Note se souvient encore du bœuf strogonoff qu'il nous a servi... Un véritable délice pour les papilles. De la viande de bœuf cuisinée dans une sauce magique accompagnée de légumes et de fruits comme la mangue. Une très bonne adresse à Rio ! Merci encore à Fabio ! 

jeudi 18 décembre 2008

Porto Alegre

Après avoir quitté São Paulo, nous nous sommes dirigés vers Porto Alegre, où nous avons été accueillis dès notre arrivée par Carolina, qui nous a pris sous son aile. Avec l’aide de toute sa famille elle nous a organisé trois jours en pension complète.
Tout était prévu, du goûter aux lieux des sets, en passant par les écoles que nous avons visitées. Et oui, nous avons pu réaliser des interventions bien différentes que celles que nous avions pu faire jusqu'alors.

Tout d'abord nous avons pu montrer la fanfare à des enfants de l'école Mario Quintana du quartier de Restinga (école primaire d'un quartier pauvre de Porto Alegre, dans laquelle Julia, la mère de Carolina, travaille). Nous avons alors eu droit à notre tour à une présentation d'un spectacle de danse des enfants.

Les photos de cette journée sont sur le site de l'école Mario Quintana suivant :http://websmed.portoalegre.rs.gov.br/escolas/quintana/fanfarra.htm .

Le lendemain nous avons joué pour les élèves du lycée Julio de Castilhos, plus gros lycée de Porto Alegre et en particulier pour la section accueillant les enfants handicapés (qui nous ont réclamé 4 bis). Un des moments forts de notre séjour au Brésil.


Enfin nous avons dû nous séparer de notre famille d'accueil, que nous remercions encore une fois du fond du cœur. Direction Montevideo, capitale de l’Uruguay. Quelques sets plus tard (devant des passagers tout frais débarqués d'une croisière, mais aussi pour l'anniversaire du patron de l'auberge de jeunesse dans laquelle nous résidions), et nous voici sur le bateau qui nous amène vers notre prochaine destination: Buenos Aires.

Nicolas pour Globe Note

mardi 16 décembre 2008

De Rio à Sao Paulo

Après avoir organisé et participé à la fête finale à Morro de Fuba, nous avons dû nous préparer pour le départ. Rien de mieux pour cela que d’assister à une répétition d’école de Samba avec Fabio et Renata. Le principe : un énorme gymnase, 200 percussions, un chanteur inépuisable, une chanson qui tourne en boucle pendant trois heures, 1000 cariocas en furie. Le but : être la meilleure école de samba de tout Rio lors du carnaval en Février tout en dépassant les 160 décibels.
C'est donc à moitié sourds que nous prenons le bus, après avoir récupéré nos affaires chez Renata. Quelques heures plus tard, nous voilà sur le ferry qui relie le continent à Ilha Grande (ci-dessus on peut voir la vue du ferry).



Arrivés à bon port, après une négociation d'une heure, nous voici enfin installés, dans une superbe maison avec jacuzzi, sauna et piscine (bon pas exactement mais avec 4 euros par personne, on ne peut pas espérer non plus un palace).

Plutôt que de longs descriptifs sur nos trois jours là-bas remplis de répétitions, sets divers et variés, interviews, balades en bateau, dans la forêt, plages paradisiaques (considérées par certains comme les plus belles plages du monde), on vous laisse plutôt déguster la photo ci-dessous.

Et un petit article en portugais dans le journal local, réalisé par une ancienne journaliste du quotidien colombien El Tiempo, qui après avoir visité l’île a décidé de ne pas en repartir:

http://www.oecoilhagrande.com.br/novembro/pag15.htm


Puis retour sur la terre ferme et direction Paraty (enfin sauf pour Percy, qui ayant oublié son passeport sur l'île, s'est offert une nouvelle croisière d’une durée de 6h), jolie ville coloniale réputée pour sa cachaça. Nous avons pu assister au tournage du DVD de Vanessa Damata (à écouter asbolument : http://www.myspace.com/vanessadamataoficial ), faire du toboggan naturel (Cf Emmanuel super confiant dans la photo ci-dessous), et essayer de travailler encore quelques morceaux. 


Nous avons du quitter cette ville assez rapidement car nous étions attendus pour notre premier contrat "sérieux" de la semaine : faire découvrir la musique française au sein de la POLI (université Politechnica de São Paulo). Après être arrivés à l'heure (ou presque) à São Paulo, nous avons pu déguster du fromage et faire trémousser une foule en délire sur « Les copains d'abord » et quelques uns de nos hits les plus funkys. 


Nous ne devions rester que deux jours dans cette immense ville et partir pour Florianopolis. Mais des pluies torrentielles ayant bloqué les routes, nous avons pu rester 2 jours de plus, et ainsi jouer dans différents endroits, réaliser l'inauguration de l'installation des lumières de Noël dans un des parcs de la ville. Et oui c'est bientôt Noël, et même s'il fait 30 degrés, on installe les sapins, les boules, et les pères Noëls. Merci encore à Agnès, Nadia et Gustavo de nous avoir hébergés et supportés.

Une petite vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=_V1JHzCeDRc

Nicolas pour Globe Note

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