Le blog du projet Globe Note

vendredi 8 mai 2009

Le nouvel an khmer de Globe Note

Autour du 15 avril, c'est le nouvel an au Cambodge et en Thailande.

Globe Note aime généralement bien se plier aux coutumes du pays, mais pour l'occasion toutes les familles se regroupent, le plus souvent a la campagne. Dans l'impossibilité de partir rejoindre nos familles... nous avons improvisé, avec Marie Camal et les enfants de l'association SOK SABAY qui ne sont pas retournés dans leurs familles.

Comme évoqué dans le précèdent article, nous avons pas mal bougé.


Dimanche 12, avec une petite dizaine d'enfants, Marie et Patrick (parrain d'un enfant), nous sommes partis visiter deux familles dans la campagne autour de Phnom Penh. L'occasion de ramener deux enfants dans leurs familles, de passer un peu de temps avec eux, pour Marie de sonder un peu les besoins des familles (car l'association a aussi pour objectif d'épauler les familles), et pour nous de découvrir les conditions de vie dans la campagne.


Les maisons sont sur pilotis, en bois et roseaux (pour le toit et les murs). L'unique pièce surélevée sert de salle a manger-dortoir pour toute la famille, avec un petit appendice sur le cote pour la cuisine, tandis que l'espace sous les pilotis sert à la fois d'étable, de séchoir à linge, de pièce à vivre pour la journée (il y fait plus frais que dedans), ...


Le lundi, Patrick nous a invites dans son hôtel, profiter de la piscine avec tous les enfants. Les clients de la guest-house, d'abord surpris, se souviennent certainement des rires et de la bonne humeur des enfants !

Le lendemain, nous sommes tous repartis pour une balade en bateau sur le Mékong. Le soleil tapait, l'eau avait différentes couleurs, mais c'était très agréable. Notamment les plongeons depuis le pont supérieur du bateau...Les enfants étaient aux anges, et les plus sportifs des adultes (Marie, Nicolas et Matthieu) se sont illustés en traversant le Mékong à la nage.

A la fin de la journée, de retour dans la piscine de la guest-house de Patrick, nous étions épuises... sauf les plus petits, qui trouvaient encore la force de courir partout  !


Mercredi, jeudi et vendredi, Globe Note s'est rendu en séminaire de nouvelle année sur les plages de Sihanoukville (la station balnéaire du Cambodge) afin de prendre du recul par rapport à l'expérience accumulée sur l'année écoulée et lancer de nouvelles perspectives en terme de développement de notre répertoire, tout en repensant en profondeur les... Bon, allez, on assume. Ces 2 jours et demi à la plage nous ont fait le plus grand bien, d'autant que les semaines d'ateliers avec Sok Sabay ont été studieuses, et qu'il fait chaud au Cambodge à cette époque !


Vendredi soir, de retour à Sok Sabay a Phnom Penh, vint l'heure du départ... Des séparations un peu difficiles, tant nous avions réussi à créer une relation sympathique et conviviale avec tout ces enfants, si attachants. Leurs petites cartes personnalisées de remerciements nous ont beaucoup touchés, et c'est le coeur serré que nous les quittons, avec tous nos voeux de bonheur et de réussite pour la suite.


Edouard pour Globe Note Khmer New Year Channel

lundi 4 mai 2009

Les ateliers d'éveil musical à Sok Sabay

Et bien, ils ne se sont pas laissés abattre les bougres. Ils se sont donnés pour objectif, dès le premier jour, de créer un système d'ateliers intéressants pour les petits comme pour les grands et de travailler à la création d'un spectacle final, où l'on pourrait inviter toute la crème de la grande cité de Phnom Penh. La présence de Jemma, professeur de théâtre anglaise, n’a pas été étrangère à la décision de faire un spectacle très « théâtralisé » et son aide nous fut plus que précieuse. Il faut dire aussi que la présidente de l'association, Marie CAMMAL, a laissé aux globetrotters toute la liberté nécessaire, exemptant tous ses pensionnaires des activités extra-scolaires alors qu'ils étaient déjà en vacance... Autrement dit, 100% de leur temps pouvait être consacré à la musique, mais les Globe Note ont été moins sévères tout de même.

A la demande de Marie CAMMAL, aucun visage des enfants ne pourra être visible sur cet article, ce qui donnera donc lieu à des photos plus ou moins en rapport avec le sujet :

 

 

En tant que fidèle admirateur et attaché de presse de Globe Note, je ne cesse d’être impressionné. En effet les cours comprenaient en vrac, chant, danse, percussions, création d’instruments de récupération, fanfare, création du décor et les pensionnaires pouvaient s’inscrire à chaque ateliers au gré de leurs désirs, au terme d’une séance de présentation de chaque activité. A cela s’ajoute un cours de solfège obligatoire pour tous.

 

Un cours de percussions animé par Emmanuel

C’est le doyen du groupe, Nicolas-Germain, qui a profité de son immense sagesse pour créer le planning (il m’a menacé avec son trombone pour que j’écrive des éloges sur lui). Le soir même chaque activité avait une équipe avec un responsable, les pensionnaires étaient répartis en groupe d’âge et l’emploi du temps était fixé pour 3 semaines (Centrale Lille n’a qu’à bien se tenir !).

Mais, encore une fois, rien ne s’est passé comme prévu. Le nouvel an khmer (qui sera le sujet d’un autre article) a éloigné les pensionnaires pendant toute la dernière semaine ce qui a donc forcé les Globe Note à avancer le spectacle d’une semaine. Sacrifiant les superflus (le solfège…) et encourageant le plus important, ils ont redoublé d’efforts pour faire prendre forme à ce chef d’œuvre du théâtre moderne avant-gardiste, dont le script est signé « Jemma & Quentin Saniez».

Un élément du décor, peint par les pensionnaires qui ont révélé de vrais talents pour le maniement du pinceau

Finalement, le jour fatidique est arrivé. Non sans appréhension, le rideau imaginaire (pas le temps d’en faire un vrai) s’est ouvert devant un public plus réduit que prévu, qui comprenaient quand même quelques expat’, des amis du groupe Mékong Pirates rencontrés à Phnom Penh et les parents d’Emmanuel.

Les pensionnaires étaient prêts, presque plus que les Globe Note, grâce au rythme des répétitions. Et le spectacle fut une réelle réussite mais c’est surtout les pensionnaires, réellement doués, qui rendirent le moment inoubliable. Pour les remercier Globe Note a clôturé le show avec un concert.

     

La suite des événements fut plus triste puisque la plupart des pensionnaires partaient le lendemain sans plus jamais revoir Globe Note. Les plus petits ne pouvaient contenir leurs larmes et les plus grands arrivaient à peine à les cacher. Couvrant Globe Note de cadeaux, ils sont partis rejoindre leur famille pour le nouvel an.

 

Les quelques rares pensionnaires de Sok Sabay qui ne rejoignaient pas leur famille ont eu une semaine en rab’ de Globe Note avec une ballade à la campagne, une baignade dans le Mékong et  des sorties à la piscine. Mais il fallait bien partir un jour, et eux aussi durent confronter la dure réalité. Le cœur serré, les membres de Globe Note et moi-même nous joignons pour, encore une fois, remercier les pensionnaires et Sok Sabay pour la chaleur de leur accueil et pour ces 3 semaines de découverte du Cambodge.


So long boys !

Le coeur encore fébrile,

Boris, qui, comme tout le monde, n'aime pas les adieux

mardi 28 avril 2009

Arrivée à la capitale des Khmers

Chers lecteurs, chères lectrices,
Aujourd’hui je vais devoir vous parler en si peu de mots d’un chef d’œuvre architectural, d’un haut lieu culturel vieux de 10 siècles. Car même si vous êtes actuellement sur le blog du sublissime projet Globe Note, mes 10 amis et moi-même sommes bien peu de choses (surtout moi) face aux témoignages laissés par la civilisation du "Kamboudja", la civilisation des fils de Kambou. Entre le IXe si่cle et le XIIIe si่ècle le peuple khmer rayonnait dans toute l’Asie du Sud-Est par ses conquêtes et son savoir-faire. Ils maîtrisaient à un tel point l’irrigation et la culture qu’ils parvenaient à faire 3 récoltes de riz par an, nourrissant le million de personnes du petit royaume du Cambodge. Savoir-faire que même les affreux Khmers rouges, avec leurs camps de travaux forcés, n’ont pu rattraper.
La grandeur d’Angkor était telle qu’encore aujourd’hui les khmers rêvent de retourner à cette époque fastueuse et prospère. Malheureusement après la chute d’Angkor, le Cambodge connut plusieurs siècles de guerres et de famines, faisant de lui aujourd’hui un des pays les plus pauvres du monde, encore sous le choc de son automutilation imposée par Pol Pot et sa clique. On comprend aisément les aspirations des cambodgiens à retourner à l’époque angkorienne.  
C’est pour cela qu’on peut difficilement éviter Angkor quand on va au Cambodge et Globe Note n’a pas manqué à cette règle tacite.


Je présume que tout le monde connait cette silhouette, tellement emblématique qu’on la trouve sur le drapeau cambodgien. Mais ce que je ne savais pas avant d'y arriver,  c’est que ce lieu était une ancienne capitale et que la visite d’Angkor Wat ne prend qu’une demi-journée alors qu’un aperçu des nombreux temples alentours représente 2,5 jours de plus. Trois jours d’émerveillement, en particulier lorsqu’on peut voir le lever du soleil entre les tours du temple.

 
Exemple de temple entourant Angkor Wat, le petit prasat (temple) du Thommanon, d’une élégance raffinée, est un passage incontournable des visiteurs. Sur les murs, les portiques, les soubassements et partout ailleurs, on peut admirer des sculptures et des bas-reliefs, racontant, pour les prasat, des éléments de la mythologie brahmanique. Certains temples sont en effet consacrés à Bouddha, mais la plupart honorent un des dieux de la trinité brahmanique.

 
Le prasat Lolei, lui, est un témoignage assez bien conservé de la richesse des sculptures qui ornaient les temples, que chaque souverain devait construire en l’honneur de feu son aîné.
Les temples sont de deux types, les prasat et les temple-montagnes évoquant le Mont Meru, la montagne cosmique de l’hindouisme (Angkor Wat faisant partie de ces derniers). Sur les temple-montagnes on peut admirer de nombreux bas-reliefs racontant des éléments de l’histoire khmère et voir les socles qui accueillaient les linga, représentation phallique de la trinité brahmanique : Shiva, Vishnou et Brahma, qui ont quasiment tous été pillés car ils étaient remplis d’or et de pierres précieuses.
 Le temple-montagne Bakon, On remarquera la sensibilité du photographe Cervepal Descours

Sur tous ces temples on peut voir des devata (déesses protectrices) et des apsara (danseuses célestes). Ces dernières ont inspiré les danses traditionnelles khmères. On déplore que le massacre khmer rouge ait décimé les rangs des danseurs qui maintenant peinent à transmettre leur savoir à la jeune génération.

Des Apsara


L’actuel état de tous les temples est en grande partie du à la végétation qui a repris ses droits après l’abandon de la capitale. Certains temples ont été conservés tels qu’après leur découverte pour présenter la force de la nature.
 

  
Je clôturerai cet article (déjà trop long) en espérant vous avoir donné envie de visiter cette merveille du monde !
Boris, guide touristique à ses heures perdues