Le blog du projet Globe Note

mardi 25 août 2009

Globe Note, encore et toujours


Là, tout n’est qu’ordre et beauté

Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire, Invitation au voyage, Les Fleurs du Mal

Et là bas ? Eh bien, pour commencer…

 

… Mon cher Boris,

 

                Permets-moi cher ami, compagnon de route et de plume (ou plutôt de clavier), de prendre ta suite, en espérant te relire bientôt ! Ces quelques lignes qui suivent paraîtront bien différentes de tout ce que nous avons écrit jusqu’à maintenant ! Au premier abord on pourrait dire que je recopie la dernière page de mon carnet de bord avec Globe Note… Mais ce n’est pas le cas, j’aimerais seulement apporter un témoignage sur l’état d’esprit d’un voyageur « au long cours », de retour auprès des siens.



 

                Voici donc plus d’une semaine que nous sommes rentrés dans notre belle France… brutalement, ce dimanche 16 août 2009 à Paris, sur les bords de Seine, Globe Note a pris fin. Difficile à croire, après une si longue aventure, des rebondissements intenses, tant de rencontres et de joies, cette centaine de représentations musicales, après avoir vu tant de misère aussi… 10 mois de voyage, mais aussi plus d’un an de préparatifs ! Il faut maintenant tourner la page. C’est peut-être la raison pour laquelle mon retour en France est plus difficile que prévu… Retrouver mon quotidien, ma chambre version « octobre 2008 », mes cours de Centrale, tout en sachant qu’intérieurement tout est si différent ! Nous avons tous grandi au contact du monde, j’en suis convaincu.



                Après 10 mois d’expérience « terrain », il est temps de témoigner de notre extraordinaire expérience, témoigner du monde. Cette étape finale, à laquelle nous avons un peu réfléchi, sera pour nous dix notre temps de « relecture ». Avec plaisir, je répondrai aux questions : « Et là bas, c’est comment ? »…C’est ce qui me motive et qui me faire dire : Globe Note, c’est pas fini !

 


                Alors Boris, ne tire pas si vite ta révérence, nous aurons encore besoin de toi, et de tous aussi. Et puis, à tous nos lecteurs, d’ici et d’ailleurs, qui sont dans mon cœur, ne nous oubliez pas (non je ne suis pas poète). Bientôt d’autres évènements viendront dans la « saga » Globe Note !

 

A suivre…

 

Antoine pour (toujours) Globe Note

 

P.S.: N'oublie pas, Beau-Rice, quand il vient de Tanzanie, il faut le trier.

mercredi 17 juin 2009

Une semaine musicale dans la vallée de la Nubra

Du 16 au 22 mai, nous étions dans la vallée de la Nubra au Ladakh. Comme évoqué dans l’article « Voyage vers la Nubra », nous avons visité l’école « Lamdon Model School Sumoor », pour y organiser durant 4 jours des ateliers d’éveil musical. Quatre jours, c’est très court, certes… mais suffisant pour apporter aux enfants quelques bases de musique et monter un petit spectacle musical !

                                                 

                  Les enfants de l'école de Sumoor en uniforme dans leur bus scolaire

 

            Dès notre arrivée dans la Nubra le samedi 16, nous avons pu rencontrer les élèves de l’école, ainsi que le personnel enseignant. A l’issue d’une réunion avec le directeur de l’école, « Headmaster » Dorje Namgyal, nous avons pris connaissance des attentes des enseignants quant à notre action musicale, ainsi que des disponibilités des enfants pour nos les ateliers. Le lendemain, nous avons organisé en conséquence les quatre jours suivants : les 35 enfants participant aux ateliers (âgés de 9 à 13 ans) ont été partagés en trois groupes homogènes. Quatre types d’ateliers ont été préparés : théorie musicale, chant, danse, percussion. A cela s’ajoutaient des séances « découverte » : essai d’instruments de musique, écoute musicale.


                      Un atelier de percussions en compagnie de Nicolas et Emmanuel

 

            Quatre jours intensifs de musique commençaient pour nos « élèves » ! Le matin, après le rassemblement quotidien dans la cour, occasion pour nous d’écouter quelques prières et chants bouddhiques, début des ateliers à 9h30 jusqu’à 12h30. Chaque groupe participait obligatoirement à un atelier de théorie musicale par jour, puis à deux ateliers parmi « danse », « chant » et « percussions ». Puis l’après midi (de 13h30 à 16h30) était consacré aux séances « découverte ». De notre côté, nous avons pu découvrir des danses locales, présentées par l’ensemble de l’école (160 élèves) durant l’après midi du lundi 18.

                      Les enfants de la classe 7 en costume traditionnel ladakhi


            Pour terminer notre semaine dans la Nubra, nous avons participé à un spectacle musical présenté par les élèves dans Sumoor ainsi que dans le village voisin de Tiger. Danses et chants locaux, mais aussi quelques présentations du travail réalisé dans la semaine. Et bien sûr un peu de fanfare pour agrémenter le tout !



 

            En résumé, notre expérience à Sumoor a été unique. Nous avons rencontré des enfants très intéressés, intelligents, un peu timides aussi…. et très attachants. Nous avons aussi vécu une expérience formidable d’immersion dans des familles ladakhies, chacun d’entre nous ayant logé toute une semaine dans une famille d’un élève de l’école. Merci encore aux familles de Sumoor et Tiger pour leur accueil, leur gentillesse, leur cuisine excellente ! Merci enfin à l’association « Julley, Enfants du Ladakh » pour avoir soutenu notre projet auprès de la direction de la Lamdon Model School Sumoor !

 

                    Une photo de groupe avec les enfants et leurs enseignants avant le départ


Antoine pour Globe Note

vendredi 8 mai 2009

Le nouvel an khmer de Globe Note

Autour du 15 avril, c'est le nouvel an au Cambodge et en Thailande.

Globe Note aime généralement bien se plier aux coutumes du pays, mais pour l'occasion toutes les familles se regroupent, le plus souvent a la campagne. Dans l'impossibilité de partir rejoindre nos familles... nous avons improvisé, avec Marie Camal et les enfants de l'association SOK SABAY qui ne sont pas retournés dans leurs familles.

Comme évoqué dans le précèdent article, nous avons pas mal bougé.


Dimanche 12, avec une petite dizaine d'enfants, Marie et Patrick (parrain d'un enfant), nous sommes partis visiter deux familles dans la campagne autour de Phnom Penh. L'occasion de ramener deux enfants dans leurs familles, de passer un peu de temps avec eux, pour Marie de sonder un peu les besoins des familles (car l'association a aussi pour objectif d'épauler les familles), et pour nous de découvrir les conditions de vie dans la campagne.


Les maisons sont sur pilotis, en bois et roseaux (pour le toit et les murs). L'unique pièce surélevée sert de salle a manger-dortoir pour toute la famille, avec un petit appendice sur le cote pour la cuisine, tandis que l'espace sous les pilotis sert à la fois d'étable, de séchoir à linge, de pièce à vivre pour la journée (il y fait plus frais que dedans), ...


Le lundi, Patrick nous a invites dans son hôtel, profiter de la piscine avec tous les enfants. Les clients de la guest-house, d'abord surpris, se souviennent certainement des rires et de la bonne humeur des enfants !

Le lendemain, nous sommes tous repartis pour une balade en bateau sur le Mékong. Le soleil tapait, l'eau avait différentes couleurs, mais c'était très agréable. Notamment les plongeons depuis le pont supérieur du bateau...Les enfants étaient aux anges, et les plus sportifs des adultes (Marie, Nicolas et Matthieu) se sont illustés en traversant le Mékong à la nage.

A la fin de la journée, de retour dans la piscine de la guest-house de Patrick, nous étions épuises... sauf les plus petits, qui trouvaient encore la force de courir partout  !


Mercredi, jeudi et vendredi, Globe Note s'est rendu en séminaire de nouvelle année sur les plages de Sihanoukville (la station balnéaire du Cambodge) afin de prendre du recul par rapport à l'expérience accumulée sur l'année écoulée et lancer de nouvelles perspectives en terme de développement de notre répertoire, tout en repensant en profondeur les... Bon, allez, on assume. Ces 2 jours et demi à la plage nous ont fait le plus grand bien, d'autant que les semaines d'ateliers avec Sok Sabay ont été studieuses, et qu'il fait chaud au Cambodge à cette époque !


Vendredi soir, de retour à Sok Sabay a Phnom Penh, vint l'heure du départ... Des séparations un peu difficiles, tant nous avions réussi à créer une relation sympathique et conviviale avec tout ces enfants, si attachants. Leurs petites cartes personnalisées de remerciements nous ont beaucoup touchés, et c'est le coeur serré que nous les quittons, avec tous nos voeux de bonheur et de réussite pour la suite.


Edouard pour Globe Note Khmer New Year Channel

lundi 4 mai 2009

Les ateliers d'éveil musical à Sok Sabay

Et bien, ils ne se sont pas laissés abattre les bougres. Ils se sont donnés pour objectif, dès le premier jour, de créer un système d'ateliers intéressants pour les petits comme pour les grands et de travailler à la création d'un spectacle final, où l'on pourrait inviter toute la crème de la grande cité de Phnom Penh. La présence de Jemma, professeur de théâtre anglaise, n’a pas été étrangère à la décision de faire un spectacle très « théâtralisé » et son aide nous fut plus que précieuse. Il faut dire aussi que la présidente de l'association, Marie CAMMAL, a laissé aux globetrotters toute la liberté nécessaire, exemptant tous ses pensionnaires des activités extra-scolaires alors qu'ils étaient déjà en vacance... Autrement dit, 100% de leur temps pouvait être consacré à la musique, mais les Globe Note ont été moins sévères tout de même.

A la demande de Marie CAMMAL, aucun visage des enfants ne pourra être visible sur cet article, ce qui donnera donc lieu à des photos plus ou moins en rapport avec le sujet :

 

 

En tant que fidèle admirateur et attaché de presse de Globe Note, je ne cesse d’être impressionné. En effet les cours comprenaient en vrac, chant, danse, percussions, création d’instruments de récupération, fanfare, création du décor et les pensionnaires pouvaient s’inscrire à chaque ateliers au gré de leurs désirs, au terme d’une séance de présentation de chaque activité. A cela s’ajoute un cours de solfège obligatoire pour tous.

 

Un cours de percussions animé par Emmanuel

C’est le doyen du groupe, Nicolas-Germain, qui a profité de son immense sagesse pour créer le planning (il m’a menacé avec son trombone pour que j’écrive des éloges sur lui). Le soir même chaque activité avait une équipe avec un responsable, les pensionnaires étaient répartis en groupe d’âge et l’emploi du temps était fixé pour 3 semaines (Centrale Lille n’a qu’à bien se tenir !).

Mais, encore une fois, rien ne s’est passé comme prévu. Le nouvel an khmer (qui sera le sujet d’un autre article) a éloigné les pensionnaires pendant toute la dernière semaine ce qui a donc forcé les Globe Note à avancer le spectacle d’une semaine. Sacrifiant les superflus (le solfège…) et encourageant le plus important, ils ont redoublé d’efforts pour faire prendre forme à ce chef d’œuvre du théâtre moderne avant-gardiste, dont le script est signé « Jemma & Quentin Saniez».

Un élément du décor, peint par les pensionnaires qui ont révélé de vrais talents pour le maniement du pinceau

Finalement, le jour fatidique est arrivé. Non sans appréhension, le rideau imaginaire (pas le temps d’en faire un vrai) s’est ouvert devant un public plus réduit que prévu, qui comprenaient quand même quelques expat’, des amis du groupe Mékong Pirates rencontrés à Phnom Penh et les parents d’Emmanuel.

Les pensionnaires étaient prêts, presque plus que les Globe Note, grâce au rythme des répétitions. Et le spectacle fut une réelle réussite mais c’est surtout les pensionnaires, réellement doués, qui rendirent le moment inoubliable. Pour les remercier Globe Note a clôturé le show avec un concert.

     

La suite des événements fut plus triste puisque la plupart des pensionnaires partaient le lendemain sans plus jamais revoir Globe Note. Les plus petits ne pouvaient contenir leurs larmes et les plus grands arrivaient à peine à les cacher. Couvrant Globe Note de cadeaux, ils sont partis rejoindre leur famille pour le nouvel an.

 

Les quelques rares pensionnaires de Sok Sabay qui ne rejoignaient pas leur famille ont eu une semaine en rab’ de Globe Note avec une ballade à la campagne, une baignade dans le Mékong et  des sorties à la piscine. Mais il fallait bien partir un jour, et eux aussi durent confronter la dure réalité. Le cœur serré, les membres de Globe Note et moi-même nous joignons pour, encore une fois, remercier les pensionnaires et Sok Sabay pour la chaleur de leur accueil et pour ces 3 semaines de découverte du Cambodge.


So long boys !

Le coeur encore fébrile,

Boris, qui, comme tout le monde, n'aime pas les adieux

vendredi 17 avril 2009

Une journée de Globe Note avec l'ONG CCD

Comme l'expliquait Antoine dans son précédent article, l'association CCD coopère avec des centres gouvernementaux regroupant dans un quartier de Bangkok un certain nombre d'enfants handicapés et orphelins. Le gouvernement fournit les infrastructures adéquates et en constante amélioration, et le personnel nécessaire aux besoins des enfants : repas, soins, nettoyages des dortoirs et du linge, ... L'objectif de CCD est d'offrir des distractions autant que des moyens d'épanouissements à ces enfants, choses qui ne rentrent pas dans les missions du personnel gouvernemental.

Nous rentrions ainsi parfaitement dans ces objectifs, et CCD avait organisé pour nous un planning bien précis d'interventions journalières. Nous restions en général 2 jours dans chaque centre, afin de pouvoir rencontrer un maximum d'enfants. Et l'emploi du temps était toujours le même :
 - matin : "concerts" fanfare, devant une centaine d'enfants (souvent les plus mobiles) regroupés devant la scène de chaque centre.
- après-midi : visite des enfants dans les dortoirs (souvent ceux qui ne peuvent se déplacer).


Chaque matin, le staff du centre regroupait une centaine d'enfants devant la scène dont chaque centre dispose pour diverses activités. Et c'était parti pour le grand show Globe Note... Que nous essayions de rendre le plus interactif possible : alternance de morceaux fanfare, de petits jeux, de danses, ... Après quelques minutes de perplexité, les enfants prenaient avec plaisir part à ce que nous leurs proposions, grâce à l'aide de volontaires CCD pour la traduction indispensable english -> thaï ...!


L'activité préférée des enfants était invariablement la distribution des petits instruments de percussion (fournis par notre partenaire woodbrass.com) : cloches brésiliennes ou agogos, claves, triangles, tambourins, xylophones, etc. Cela donnait souvent lieu à d'étranges traffics : une clave contre la baguette d'un triangle, des enfants se retrouvaient avec 3 claves, ... C'était un plaisir de leur expliquer comment fonctionne chaque instrument, et de les voir ensuite expérimenter par eux-même. Mais nos oreilles s'en souviennent encore !



Le midi, nous retournions la plupart du temps au "QG" de CCD, pour prendre un bon repas thaï.


L'après-midi, nous nous rendions dans les dortoirs où sont regroupés (par cinquantaine environ) des enfants malades, aveugles, qui ne peuvent se déplacer, ou ceux aux comportements les plus étranges et imprévisibles. Souvent, ces enfants restaient allongés sur leur lit toute la journée. Notre venue improbable les suprenait, et leurs réactions étaient variées : joie immédiate, peur, étonnement/émerveillement devant nos instruments, curiosité, indifférence.
Nous commencions en règle générale par jouer quelques morceaux en fanfare, ou en formation réduite pour ne pas assourdir les dortoirs plutôt calmes. Puis nous prenions le temps d'aller vers chacun d'eux, pour leur faire manipuler un peu le souba, le tuba, un trombone, une trompette, les percussions, et pour leur faire jouer des petits instruments de percussion. Très souvent, nous devions les forcer un peu à prendre l'instrument dans leurs mains et à en jouer car leurs muscles jamais stimulés le reste du temps étaient souvent contractés à l'extrême, et contrôlés avec difficulté par les enfants.


Alors que les enfants du matin étaient généralement très réactifs, avec ceux de l'après-midi nous ne cherchions parfois qu'un signe, un mouvement du bras, un muscle qui se contracte, une ébauche de sourire, pour comprendre qu'ils appréciaient notre présence et aimaient jouer avec l'instrument que nous leur montrions. Mais avec un peu de patience, nous arrivions presque toujours à ce signal, réjouissant pour nous.



Ce n'est pas facile de rendre compte de notre travail avec l'association CCD, car plus que dans les 3 association précédentes, c'était pour nous tous beaucoup plus émouvant, difficile parfois. Nous avons ainsi vécu cette expérience tous un peu différemment, côté émotions, mais nous en ressortons grandis et heureux.
Merci CCD de nous avoir fait confiance et de nous avoir accompagnés pendant ces 3 semaines !

Edouard

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