Le blog du projet Globe Note

samedi 15 août 2009

Les raisons du pourquoi du comment…

Chères lectrices, chers lecteurs,
Nous avons finalement mis les pieds sur la terre rouge du dernier pays, la Tanzanie.  Nous sommes arrivés sur les pentes du Kilimandjaro le Samedi 18 Juillet, à Moshi. Nous avons été accueillis par William Raj, directeur de l’organisme Mkombozi avec lequel nous devions travailler. Il nous avait lui-même trouvé un logement chez un particulier qui nous accueillerait pendant les 3 semaines. C’était, il faut l’avouer, un peu petit et parfois un peu gênant de phagocyter l’espace de vie d’une famille tanzanienne, bien qu’elle ait une grande maison.  Cependant ceci nous convenait car l’affluence de touristes et de volontaires dans la région a grandement fait grimper les prix des logements. 

Elle était un peu timide, mais on a réussi à l’avoir la plus haute montagne d’Afrique !
 
William nous a quittés rapidement car, étant d’origine indienne, il allait passer trois semaines de vacances en Inde pour retrouver sa famille. C’est Simon, responsable des activités sportives et culturelles, qui a pris son relais et qui nous a invités à se rendre dans les locaux de l’association le lundi suivant pour commencer nos activités.
Après avoir pris nos marques chez notre hôte, nous avons ensuite découvert Mkombozi. On ne s’attendait pas à une structure aussi grosse et organisée ! Ils gèrent un orphelinat d’une soixantaine de garçons, mais s’occupent aussi d’enfants des rues d’Arusha et de Moshi, deux villes voisines. 
 
Le bus consacré, entre autres, à la Non-Formal Education pour les gamins des rues


 Mais ce qui « choqua » le plus les Globe Note, ce fut la préparation préliminaire à leur arrivée. Car après les tout-petits d’Argentine, les enfants en vacance du Pérou, les permis de l’armée indienne pour aller dans la Nubra et l’accueil par Happy Home Orphanage au Kenya (ils pensaient que nous étions 9 canadiens pour une mission de 3 mois !), on pouvait décemment s’attendre à quelque chose de similaire en Tanzanie. Mais là tout se passa bien ! Ils avaient parfaitement compris notre projet et avaient organisé des groupes de 12 enfants de 13 ans, provenant de Mkombozi et des écoles environnantes, pour un binôme de Globe Note, chaque atelier durant une heure en fin d’après-midi, chaque jour de la semaine. Ils s’en étaient tenus rigoureusement aux dossiers envoyés avant notre départ, ce qui ne manqua pas de nous étonner après tant de déboires. Ils avaient même réuni les permis nécessaires auprès du conseil municipal pour pouvoir intervenir dans les écoles.
 

Visite des locaux de Mkombozi 


Alors que moi, Boris, je recherchais sournoisement quel genre de déconfiture aurait bien pu venir s’étaler sur la tartine Globe Note, strictement rien ne me venait à l’esprit ! Et pourtant j’ai de l’imagination que je décide de m’y mettre !
 

La cour de Mkombozi


Autant d’ellipses pour dire à quel point la nouvelle qui arrivait s’annonçait rude. Les ennuis sont venus d’un lieu qui jamais nous n’aurions suggéré. Paradoxalement cela aurait du nous effleurer au moins une fois, depuis le temps que les Globe Note font du volontariat, des concerts rémunérés et des manches dans la rue sous un visa de tourisme… Pour ceux qui ne voient toujours pas où je veux en venir, c’est le service de l’immigration tanzanienne qui nous a amené un des plus gros problèmes depuis le départ.


A tous ceux qui liraient ce blog et qui comptent aller faire du volontariat en Tanzanie, sachez que l’immigration vous demandera 120$ pour délivrer une autorisation en plus de votre visa tourisme à 50$. Et pour nous,  dépenser 1200$ (oui, oui, 1200$ car moi, Boris, je ne compte pas )pour faire une activité altruiste dans un des pays qui en a le plus besoin, nous trouvons cela un peu fort quand même, d’autant plus qu’en fin de voyage les comptes en banque font vache maigre.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car en Afrique tout se négocie, même les choses officielles. On peut dépenser ce qu’ils appellent des « facilitation fees », expression qui m’a beaucoup fait rire intérieurement. Après négociation auprès d’un employé de l’immigration tout droit sorti d’un Parrain nous avons pu avoir un faux visa de travail pour 45$ par personnes. On se serait cru négocier dix kilos de farine de maïs chez le marchand du coin. Hallucinant pour nous petits Wazungu (Les Blancs en Kiswahili).Mais à partir de ce moment une autre discussion s’engage. Car on ne payait pas pour un permis officiel (ce dernier coûtant 120$ comme je l’ai déjà dit) mais nous payions pour avoir le droit de ne pas se faire contrôler par l’immigration. Sans compter les risques que cela implique, c’est, il ne faut pas avoir peur des mots, de la corruption et les 45$ par personnes, un pot-de-vin.
Premièrement, cette dépense reste excessive et deuxièmement, c’est moralement impensable. Nous avions déjà été confrontés à la corruption, endémique dans beaucoup de pays que nous avons traversés, mais c’est la première fois qu’elle s’abat sur nous de manière aussi virulente.
Le groupe était partagé entre le fait de payer un pot-de-vin et la déception de devoir quitter la Tanzanie sans ne pouvoir rien y faire. Un vote clarifia la position de la personne morale Globe Note, elle ne paye de pot-de-vin pour faire du volontariat. Alors quand les responsables de l’association en l’absence de William nous ont appelés pour nous dire qu’ils avaient négocié eux-mêmes la « facilitation fee » à 100$ pour le groupe, il n’y avait plus rien à faire bien que ce prix soit abordable. 
Pour ne pas partir sans dire au revoir, Globe Note s’est intégré dans la Soirée des Artistes, qui se déroule chaque dernier samedi du mois à Mkombozi. Lors de cette journée les garçons de l’orphelinat peuvent s’exprimer sur la scène et les organisateurs invitent des groupes locaux à venir jouer. Et cette fois-ci, un groupe en particulier n’avait rien de local du tout. Globe Note a profité de l’occasion pour aller jouer quelques morceaux. C’est bien peu face à ce qui était prévu mais cela reste toujours mieux que rien. 
 

Globe Note et Simon sur scène à La Soirée des Artistes
 

Quelques garçons de l’orphelinat


Le soir même, Globe Note avait un contrat dans une boîte de nuit locale, qui restera mémorable pour eux…mais je n’expliquerai pas le pourquoi du comment pour celui ci.
Après une semaine passée en Tanzanie, les 10 étudiants ont pris la route vers une destination que je maintiendrai secrète jusqu’au prochain article. Sachez juste que la Tanzanie leur a laissé une dernière frayeur avant de les laisser à son turbulent frère, le Kenya.
 

Une roue du bus qui transportait les Globe Note vers la frontière, arrachée par la vitesse excessive


En vous souhaitant de ne jamais avoir à affronter la corruption et les conducteurs de bus fous,


Boris

samedi 1 août 2009

Cocorico!

Cocorico !
Il y a de cela 220 ans, nos illustres ancêtres conquéraient la Bastille, faisant de la France le pays des Droits de l’Homme. Et depuis ce fameux 14 Juillet toutes les fanfares de France acceptent de joindre leurs cuivres à la commémoration de ce fait d’armes. « Toutes les fanfares ? » me direz-vous ? Et bien Oui ! Même Globe Note a répondu à l’appel du coq en cette année 2009.
Mais puisque qu’ils sont désormais coutumiers des scénarios décalés, ils ne sont pas allés jouer à côté de la mairie de Trifouillis-les-Oies. Loin de moi l’idée de mésestimer l’engagement patriotique des fanfares municipales (j’ai personnellement grandi dans l’une d’entre-elles) mais Globe Note a son standing à respecter! 
  Le cadre de rêve ?

Mais comment sont-ils arrivés dans les jardins de la résidence de l’ambassadrice ? Quand on est une fanfare française, en vadrouille au Kenya, en plein mois de Juillet, on se demande où on peut bien jouer alors que les autorités interdisent tous types de manifestations dans les rues sous peine d’emprisonnement manu militari. Heureusement les Globe Note ont parmi eux un membre qui a vécu à l’étranger (Merci Quentin !). Il s’est souvenu que le 14 Juillet la mère-patrie accueille ses enfants pour les gaver de champagne, de charcuterie et de fromage dans les locaux de l’ambassade.
De là il n’y avait qu’un pas à franchir, c'est-à-dire envoyer un mail à l’ambassade pour leur proposer les services d’une fanfare française miraculeusement perdue au Kenya lors du 14 Juillet. La réponse, positive, de l’ambassade a ravi tous les fanfarons, alors encore en Inde.
Après quelques semaines d’attente et quelques détails logistiques rapidement réglés, Globe Note a atterri dans les jardins de la résidence de l’ambassadrice. En effet l’ambassade se situant au 9ème étage du Barclay’s Plaza à Nairobi, elle se prête assez mal aux réceptions. La résidence par contre…
  Auraient-ils choisi un costume de scène ?


Après avoir allègrement pillé le bar et le buffet (dans la limite du raisonnable) Globe Note a animé la réception jusqu’au clou de son spectale, j’ai bien sûr nommé notre bel hymne national pas-belliqueux-du-tout : La Marseillaise.
Répété uniquement le matin même (ils peuvent l’avouer maintenant !), la composition de Rouget de Lisle a ouvert, une fois encore, le discours d’un dignitaire de la République Française. Et sachez que la larme patriotique a coulé au coin de l’œil de chacun des citoyens présents et ce n’était (presque) pas à cause des fausses notes.

 En bas à gauche, Mme Elisabeth BARBIER, Ambassadrice de France au Kenya

Globe Note a ensuite laissé la place à un groupe kenyan pour continuer à « s’occuper du buffet ». Après avoir administré un vigoureux rappel à base de vin rouge et de fromage à leurs estomacs, ils ont joué à nouveau  face à un public plus restreint d’admirateurs fraichement créés.
Cette journée restera gravée à jamais dans nos mémoires. Mais si vous pouvez en voir quelques photos, il faut avant tout remercier l’ambassade de nous les avoir gracieusement fournies, car moi, Boris l’Inutile, avais oublié mon appareil photo pour l’occasion. Pour ma défense, je dirais que la vision d’un plateau de charcuterie a occulté une bonne partie de mes fonctions cognitives superieures à la veille du 14 Juillet.


Et puisque j’ai commencé avec les remerciements autant les terminer. Car voyez-vous l’ambassade a même réuni quelques fonds pour nous aider financièrement alors que Globe Note ne demandait qu’un modeste accès au buffet et le plaisir de jouer pour l’occasion.
Toute la fanfare Globe Note remercie donc tout le personnel de l’ambassade, et plus particulièrement Mme BARBIER, Lorys et Maud ; pour l’aide qu’ils nous ont fourni ainsi que pour l’aide qu’ils nous fournissent encore !


La suite de ce message s’adresse à toutes les ambassades de France à l’étranger, si vous avez besoin d’une fanfare habituée à l’itinérance pour animer votre 14 Juillet, sachez que l’ambassade de France au Kenya en recommande une chaudement…

A vos cocardes et bonnets phrygiens!

Boris, qui songe à postuler à la Musique de la Garde Républicaine.

dimanche 12 juillet 2009

3ème enregistrement pour Globe Note

Chers lecteurs, Chères lectrices,

Se rapprochant toujours plus de son but inavoué – un enregistrement par continent – Globe Note vient d’effectuer une session studio de 4 jours à New Dehli, du 8 au 12 Juin. Un peu facile, me direz-vous, pour le continent asiatique puisque l’Incredible India peut représenter un continent à elle seule. Mais bon, nous nous en tiendrons aux cours de géo du collège puisque les Globe Note ont toujours été bons élèves.
Il convient de reprendre les choses dans l’ordre ! Car, pour cette fois, ils ont bien fait les choses. Loin de moi l’idée de prétendre que les deux grands frères ont été bâclés, je dirais plutôt qu’aucun d’eux n’a eu l’honneur d’avoir une semaine de répétition intensive consacrée à sa qualité musicale. Et pour être intensive, elle le fut ! 4h par jour, sans compter les heures de travail personnel.
J’ai pu le remarquer de nombreuses fois, les Globe Note ne sont pas des ascètes et la doctrine du renoncement côtoyée depuis l’arrivée en Asie, n’est pas vraiment dans leurs veines. Il fallut donc trouver un lieu loin de toutes les tentations et bassesses. Ils le dénichèrent dans la Parvati Valley, dans le petit village de Jari. On dit que Parvati, la femme de Shiva, y est restée pour méditer pendant 11 000 ans. Espérons pour eux qu’ils ont attiré sa protection par leurs douces mélopées.
La Parvati Valley (1700m d’altitude)

Globe Note s’est ensuite penché sur un instrument depuis trop longtemps oublié : le maître-o-nome. Instrument de torture de tous les apprenti-musiciens, il leur fut fort utile pour « se mettre en place » comme on dit dans le jargon.
 Après une longue réflexion, on décida de donner le métronome à la grosse caisse

Cette semaine, ensoleillée pour la plupart du temps, fut agrémentée d’un barbecue nocturne au bord de la rivière et autres soirées coinche-belote-tarot. L’alcool était banni pour éviter les effets du lendemain matin.
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Puis vint le moment fatidique, l’entrée dans le studio, choisi par les soins de Thibault et Antoine. De loin le plus grand que les Globe Trotters aient fait et avec la clim’ car il faisait 45°C à New Dehli ! Il n’y a plus qu’à ajuster son casque, régler le volume du susmentionné et à se jeter dedans à fond.
 
 Je n’ai finalement que bien peu de choses à vous raconter, moi pauvre Boris. Je me suis retrouvé dans la salle d’attente fumant des cigarettes à la chaîne, tel un père qui s’est fait fermement prié par sa femme de ne pas assister à l’accouchement.  Tout ce que je sais c’est que de nombreuses stars internationales ont apporté une petite contribution à ce CD, tels que Zaza, le trompettiste toujours précédé par sa renommée, Ryû Hayuken des Street Fighters, Moïse au trombone ou encore Jacky Blangier, le joueur de Quena qui ne sert à rien mais qui fait bien rire. 
 
Pour ses fans, sachez que Zaza ne jouera pas plus de trompette que de clarinette sur ces enregistrements (surement la protection de Parvati qui a fait son œuvre), mais vous pourrez reconnaitre sa voix inimitable ailleurs.
Sans plus attendre je vous renvoie tous vers le myspace www.myspace.com/globenote où tous ces enregistrements sont écoutables dans une qualité, ma foi, très « myspace ».
En vous souhaitant tous les bienfaits de Parvati,

Musicalement vôtre,
Boris

lundi 4 mai 2009

Les ateliers d'éveil musical à Sok Sabay

Et bien, ils ne se sont pas laissés abattre les bougres. Ils se sont donnés pour objectif, dès le premier jour, de créer un système d'ateliers intéressants pour les petits comme pour les grands et de travailler à la création d'un spectacle final, où l'on pourrait inviter toute la crème de la grande cité de Phnom Penh. La présence de Jemma, professeur de théâtre anglaise, n’a pas été étrangère à la décision de faire un spectacle très « théâtralisé » et son aide nous fut plus que précieuse. Il faut dire aussi que la présidente de l'association, Marie CAMMAL, a laissé aux globetrotters toute la liberté nécessaire, exemptant tous ses pensionnaires des activités extra-scolaires alors qu'ils étaient déjà en vacance... Autrement dit, 100% de leur temps pouvait être consacré à la musique, mais les Globe Note ont été moins sévères tout de même.

A la demande de Marie CAMMAL, aucun visage des enfants ne pourra être visible sur cet article, ce qui donnera donc lieu à des photos plus ou moins en rapport avec le sujet :

 

 

En tant que fidèle admirateur et attaché de presse de Globe Note, je ne cesse d’être impressionné. En effet les cours comprenaient en vrac, chant, danse, percussions, création d’instruments de récupération, fanfare, création du décor et les pensionnaires pouvaient s’inscrire à chaque ateliers au gré de leurs désirs, au terme d’une séance de présentation de chaque activité. A cela s’ajoute un cours de solfège obligatoire pour tous.

 

Un cours de percussions animé par Emmanuel

C’est le doyen du groupe, Nicolas-Germain, qui a profité de son immense sagesse pour créer le planning (il m’a menacé avec son trombone pour que j’écrive des éloges sur lui). Le soir même chaque activité avait une équipe avec un responsable, les pensionnaires étaient répartis en groupe d’âge et l’emploi du temps était fixé pour 3 semaines (Centrale Lille n’a qu’à bien se tenir !).

Mais, encore une fois, rien ne s’est passé comme prévu. Le nouvel an khmer (qui sera le sujet d’un autre article) a éloigné les pensionnaires pendant toute la dernière semaine ce qui a donc forcé les Globe Note à avancer le spectacle d’une semaine. Sacrifiant les superflus (le solfège…) et encourageant le plus important, ils ont redoublé d’efforts pour faire prendre forme à ce chef d’œuvre du théâtre moderne avant-gardiste, dont le script est signé « Jemma & Quentin Saniez».

Un élément du décor, peint par les pensionnaires qui ont révélé de vrais talents pour le maniement du pinceau

Finalement, le jour fatidique est arrivé. Non sans appréhension, le rideau imaginaire (pas le temps d’en faire un vrai) s’est ouvert devant un public plus réduit que prévu, qui comprenaient quand même quelques expat’, des amis du groupe Mékong Pirates rencontrés à Phnom Penh et les parents d’Emmanuel.

Les pensionnaires étaient prêts, presque plus que les Globe Note, grâce au rythme des répétitions. Et le spectacle fut une réelle réussite mais c’est surtout les pensionnaires, réellement doués, qui rendirent le moment inoubliable. Pour les remercier Globe Note a clôturé le show avec un concert.

     

La suite des événements fut plus triste puisque la plupart des pensionnaires partaient le lendemain sans plus jamais revoir Globe Note. Les plus petits ne pouvaient contenir leurs larmes et les plus grands arrivaient à peine à les cacher. Couvrant Globe Note de cadeaux, ils sont partis rejoindre leur famille pour le nouvel an.

 

Les quelques rares pensionnaires de Sok Sabay qui ne rejoignaient pas leur famille ont eu une semaine en rab’ de Globe Note avec une ballade à la campagne, une baignade dans le Mékong et  des sorties à la piscine. Mais il fallait bien partir un jour, et eux aussi durent confronter la dure réalité. Le cœur serré, les membres de Globe Note et moi-même nous joignons pour, encore une fois, remercier les pensionnaires et Sok Sabay pour la chaleur de leur accueil et pour ces 3 semaines de découverte du Cambodge.


So long boys !

Le coeur encore fébrile,

Boris, qui, comme tout le monde, n'aime pas les adieux

mardi 28 avril 2009

Arrivée à la capitale des Khmers

Chers lecteurs, chères lectrices,
Aujourd’hui je vais devoir vous parler en si peu de mots d’un chef d’œuvre architectural, d’un haut lieu culturel vieux de 10 siècles. Car même si vous êtes actuellement sur le blog du sublissime projet Globe Note, mes 10 amis et moi-même sommes bien peu de choses (surtout moi) face aux témoignages laissés par la civilisation du "Kamboudja", la civilisation des fils de Kambou. Entre le IXe si่cle et le XIIIe si่ècle le peuple khmer rayonnait dans toute l’Asie du Sud-Est par ses conquêtes et son savoir-faire. Ils maîtrisaient à un tel point l’irrigation et la culture qu’ils parvenaient à faire 3 récoltes de riz par an, nourrissant le million de personnes du petit royaume du Cambodge. Savoir-faire que même les affreux Khmers rouges, avec leurs camps de travaux forcés, n’ont pu rattraper.
La grandeur d’Angkor était telle qu’encore aujourd’hui les khmers rêvent de retourner à cette époque fastueuse et prospère. Malheureusement après la chute d’Angkor, le Cambodge connut plusieurs siècles de guerres et de famines, faisant de lui aujourd’hui un des pays les plus pauvres du monde, encore sous le choc de son automutilation imposée par Pol Pot et sa clique. On comprend aisément les aspirations des cambodgiens à retourner à l’époque angkorienne.  
C’est pour cela qu’on peut difficilement éviter Angkor quand on va au Cambodge et Globe Note n’a pas manqué à cette règle tacite.


Je présume que tout le monde connait cette silhouette, tellement emblématique qu’on la trouve sur le drapeau cambodgien. Mais ce que je ne savais pas avant d'y arriver,  c’est que ce lieu était une ancienne capitale et que la visite d’Angkor Wat ne prend qu’une demi-journée alors qu’un aperçu des nombreux temples alentours représente 2,5 jours de plus. Trois jours d’émerveillement, en particulier lorsqu’on peut voir le lever du soleil entre les tours du temple.

 
Exemple de temple entourant Angkor Wat, le petit prasat (temple) du Thommanon, d’une élégance raffinée, est un passage incontournable des visiteurs. Sur les murs, les portiques, les soubassements et partout ailleurs, on peut admirer des sculptures et des bas-reliefs, racontant, pour les prasat, des éléments de la mythologie brahmanique. Certains temples sont en effet consacrés à Bouddha, mais la plupart honorent un des dieux de la trinité brahmanique.

 
Le prasat Lolei, lui, est un témoignage assez bien conservé de la richesse des sculptures qui ornaient les temples, que chaque souverain devait construire en l’honneur de feu son aîné.
Les temples sont de deux types, les prasat et les temple-montagnes évoquant le Mont Meru, la montagne cosmique de l’hindouisme (Angkor Wat faisant partie de ces derniers). Sur les temple-montagnes on peut admirer de nombreux bas-reliefs racontant des éléments de l’histoire khmère et voir les socles qui accueillaient les linga, représentation phallique de la trinité brahmanique : Shiva, Vishnou et Brahma, qui ont quasiment tous été pillés car ils étaient remplis d’or et de pierres précieuses.
 Le temple-montagne Bakon, On remarquera la sensibilité du photographe Cervepal Descours

Sur tous ces temples on peut voir des devata (déesses protectrices) et des apsara (danseuses célestes). Ces dernières ont inspiré les danses traditionnelles khmères. On déplore que le massacre khmer rouge ait décimé les rangs des danseurs qui maintenant peinent à transmettre leur savoir à la jeune génération.

Des Apsara


L’actuel état de tous les temples est en grande partie du à la végétation qui a repris ses droits après l’abandon de la capitale. Certains temples ont été conservés tels qu’après leur découverte pour présenter la force de la nature.
 

  
Je clôturerai cet article (déjà trop long) en espérant vous avoir donné envie de visiter cette merveille du monde !
Boris, guide touristique à ses heures perdues

 

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