Nous rentrions ainsi parfaitement dans ces objectifs, et CCD avait organisé pour nous un planning bien précis d'interventions journalières. Nous restions en général 2 jours dans chaque centre, afin de pouvoir rencontrer un maximum d'enfants. Et l'emploi du temps était toujours le même :
- matin : "concerts" fanfare, devant une centaine d'enfants (souvent les plus mobiles) regroupés devant la scène de chaque centre.
- après-midi : visite des enfants dans les dortoirs (souvent ceux qui ne peuvent se déplacer).
Chaque matin, le staff du centre regroupait une centaine d'enfants devant la scène dont chaque centre dispose pour diverses activités. Et c'était parti pour le grand show Globe Note... Que nous essayions de rendre le plus interactif possible : alternance de morceaux fanfare, de petits jeux, de danses, ... Après quelques minutes de perplexité, les enfants prenaient avec plaisir part à ce que nous leurs proposions, grâce à l'aide de volontaires CCD pour la traduction indispensable english -> thaï ...!
L'activité préférée des enfants était invariablement la distribution des petits instruments de percussion (fournis par notre partenaire woodbrass.com) : cloches brésiliennes ou agogos, claves, triangles, tambourins, xylophones, etc. Cela donnait souvent lieu à d'étranges traffics : une clave contre la baguette d'un triangle, des enfants se retrouvaient avec 3 claves, ... C'était un plaisir de leur expliquer comment fonctionne chaque instrument, et de les voir ensuite expérimenter par eux-même. Mais nos oreilles s'en souviennent encore !

Le midi, nous retournions la plupart du temps au "QG" de CCD, pour prendre un bon repas thaï.
L'après-midi, nous nous rendions dans les dortoirs où sont regroupés (par cinquantaine environ) des enfants malades, aveugles, qui ne peuvent se déplacer, ou ceux aux comportements les plus étranges et imprévisibles. Souvent, ces enfants restaient allongés sur leur lit toute la journée. Notre venue improbable les suprenait, et leurs réactions étaient variées : joie immédiate, peur, étonnement/émerveillement devant nos instruments, curiosité, indifférence.
Nous commencions en règle générale par jouer quelques morceaux en fanfare, ou en formation réduite pour ne pas assourdir les dortoirs plutôt calmes. Puis nous prenions le temps d'aller vers chacun d'eux, pour leur faire manipuler un peu le souba, le tuba, un trombone, une trompette, les percussions, et pour leur faire jouer des petits instruments de percussion. Très souvent, nous devions les forcer un peu à prendre l'instrument dans leurs mains et à en jouer car leurs muscles jamais stimulés le reste du temps étaient souvent contractés à l'extrême, et contrôlés avec difficulté par les enfants.
Alors que les enfants du matin étaient généralement très réactifs, avec ceux de l'après-midi nous ne cherchions parfois qu'un signe, un mouvement du bras, un muscle qui se contracte, une ébauche de sourire, pour comprendre qu'ils appréciaient notre présence et aimaient jouer avec l'instrument que nous leur montrions. Mais avec un peu de patience, nous arrivions presque toujours à ce signal, réjouissant pour nous.
Ce n'est pas facile de rendre compte de notre travail avec l'association CCD, car plus que dans les 3 association précédentes, c'était pour nous tous beaucoup plus émouvant, difficile parfois. Nous avons ainsi vécu cette expérience tous un peu différemment, côté émotions, mais nous en ressortons grandis et heureux.
Merci CCD de nous avoir fait confiance et de nous avoir accompagnés pendant ces 3 semaines !
Edouard

Vas-y Maréchal, Feu à volonté !
Un débarquement plus qu’inattendu a complètement pris de court les unités Globe Note
Certains enfants de CCD en costume de marins.
